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Qui
sont-ils ces "aidants informels ou naturels", enfants,
conjoints, neveux, voisins, amis, qui pendant des années
ou quelques mois, de jour comme de nuit, assistent, accompagnent
et soutiennent leurs proches en difficulté ? Comment parviennent-ils
à sacquitter de cette tâche, sans faiblir ? Leur
dévouement arrange certainement, leur discrétion aussi.
Ils sont les grands oubliés de notre système de santé.
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REGARDS
Les aidants informels en quête de reconnaissance
Lengagement des
aidants informels est considérable dans le cadre de
la prise en charge des malades âgés. Selon une
récente enquête réalisée par lInsee,
30 % des vieilles personnes lourdement dépendantes
sont uniquement aidées par leur famille. Deux tiers
des aidants sont des femmes, et 75 % des aidants jouent un
rôle important dans le suivi médical. "Lentourage
familial est un acteur de santé à part entière,
mais un acteur qui reste encore trop dans lombre, assène
demblée Patrick Bonduelle, responsable Santé
& Proximologie du laboratoire Novartis Pharma. On sait
pourtant combien leur rôle est crucial aux côtés
du patient, que ce soit à travers laide au diagnostic,
le soutien psychologique ou matériel, le suivi du traitement
ou tout simplement laccompagnement."Or en France,
si le patient est au coeur du système de soins, les
proches, eux, restent en marge de ce système. Ils ne
sont jamais les bénéficiaires directs des allocations,
comme cela existe ailleurs, en Grande-Bretagne, aux Pays-Bas
ou en Suisse.
Un
coût économique non négligeable
Le développement de laide à domicile a
changé la vie des proches ; sans aucun doute, elle
les soulage énormément. Mais ce dont les familles
ont besoin, ce serait de vrais relais, de vraies mesures adaptées
à lampleur de leur tâche, comme disposer
de centres daccueil de jour, en nombre suffisant, pour
leur permettre de "souffler" un peu, de temps en
temps. Ce serait aussi pouvoir bénéficier de
congés pour soccuper dun proche, et quils
soient rémunérés. Ce serait pouvoir organiser
ces congés de manière souple, quelques mois
au domicile, quelques mois de retour au travail, en fonction
de lévolution de la maladie. Ce dont les familles
ont besoin, cest tout simplement dune véritable
reconnaissance sociale. Le travail quelles accomplissent
auprès de leurs proches malades représente aussi
un coût économique qui devrait alerter les gouvernants.
Se décharger sur les familles du poids de la dépendance
nest au fond pas si rentable que cela au vu des nombreuses
absences au travail, des congés maladie à répétition,
du revenu familial qui baisse, et des problèmes de
santé qui surgissent. "Un tiers des aidants principaux
sont déprimés. Ils souffrent aussi dautres
pathologies et se soignent mal. Ces coûts induits en
matière de santé sont souvent méconnus
et ne font pas lobjet détudes,déplore
Marie- Eve Joël, économiste, directeur du Laboratoire
dEconomie et de Gestion des Organisations de Santé
(Legos). Actuellement la société est reconnaissante
aux proches dêtre présents auprès
des personnes âgées dépendantes, mais
elle sarrête sur ce constat !".
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