TEMOIGNAGES
L'ami Thierry
"Quand on aide les
autres, on oublie ses propres problèmes
Demain,
je pourrai me retrouve dans cette situation
Jai
du mal à accepter que des gens puissent passer des
journées entières sans parler à personne
".
Jeune préretraité de la fonction publique, Thierry
nest pas à court dexplications quant à
son engagement aux côtés dune association
toulousaine de visite à domicile des personnes âgées.
Il parle aussi de "donner un sens à sa vie",
de "refuser la fatalité du malheur et de labandon",
de "senrichir en souvrant aux autres"
Bref, de se faire du bien en faisant du bien. "Cest
ainsi que le bénévolat devient payant ! Un comble
non ?", sexclame-t-il en souriant. Et cest
justement ce sourire qui a fait sa réputation auprès
de ses "mamies comme il les appelle affectueusement,
des permanents de lassociation et, au-delà, des
édiles municipaux et régionaux. Quand il a commencé
ses visites, à raison de cinq à six heures par
semaine, il arrivait discret, presque timide, se présentant
simplement comme "le bénévole de lassociation",
juste "pour voir si vous naviez besoin de rien".
Trois ans et des milliers de kilomètres plus tard à
sillonner lagglomération toulousaine, il est
devenu un personnage. Cest "lami Thierry",
qui connaît par leur prénom la plupart des vieilles
personnes quil visite mais aussi leur vie, et celles
de leurs enfants, petits et arrières petitsenfants
"Quand elles me racontent leur vie, leurs enfants éloignés
ou disparus, leurs soucis mais surtout leur solitude, ces
personnes âgées me font plus de bien que je ne
leur en procure, commente-t-il. Je voyage en leur compagnie,
même si les dates et les horaires parfois sembrouillent
un peu
Quand je pars de chez elle, je retrouve chez
moi la joie et la chaleur dune famille alors quelles,
elles restent seules, avec la télévision pour
seule compagnie et, de temps à autre, un coup de téléphone
de la famille qui habite à lautre bout de la
France." Thierry se définit "comme un bénévole
comme les autres, certains se consacrent à aider les
malades ou les enfants abandonnés, dautres, moins
bénévoles, à leur carrière. Pas
question de juger, chacun mène sa vie à sa façon.
Moi, jai eu de la chance, jai travaillé
toute ma vie à des fonctions plutôt intéressantes,
ma femme et mes enfants sont en pleine forme, et nous avons
quantité damis. Je crois quhonnêtement
je peux rendre à la vie un peu de bonheur quelle
me procure." Sans râler contre le système
qui abandonne ses personnes âgées sur le bord
de la route (même sil nen pense pas moins)
mais en leur proposant de faire un bout de chemin ensemble,
à sa manière, franche, souriante et amicale.
|