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Nous avons fait de la
relation à la personne âgée une question
singulière. Comment lappréhender ? Qui
est-elle ? Que veut-elle ? Quest-ce qui lui ferait plaisir
? Autant dinterrogations qui reflètent notre
propre malaise vis-à-vis de la vieillesse. "Nous
avons juste oublié que le vieux est une personne. Cela
semble une évidence, mais il est utile de le rappeler",
précise Martine Dorange, psychosociologue à
la Fondation Nationale de Gérontologie. En effet, le
grand âge rebute. Parce quil est souvent associé
aux notions de pathologie, de déchéance, de
dépendance,
de mort toute proche. Cette incapacité
à considérer la vieillesse comme une étape,
au même titre quune autre dans la construction
de la vie, fausse les rapports que lon peut établir
avec les vieilles personnes, altère le regard que lon
pose sur elles, amoindrit notre considération. Comment
dans ces conditions tisser du lien, entretenir des relations
"normales" avec une personne que lon ne perçoit
plus tout à fait comme son égal ? Comment permettre
à cette personne, parfois seule rescapée de
sa génération au sein dune famille, dun
groupe damis, de conserver une vie sociale ? Comment
accompagner ces vieillards, quils vivent à leur
domicile ou en institution ? Comment parvenir à les
aider ? Quelle aide sommes-nous prêts à leur
apporter ?
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