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EDITO

La notion de lien est souvent synonyme de partage, lorsqu’on se fait écho l’un l’autre, lorsqu’on vit la complicité d’une époque. Lien conjugal, filial, familial, amical, social et tant d’autres aussi difficiles à classer… C’est ambitieux de vouloir, en quelques pages, cerner un tel sujet ! Pour autant, tous ces liens solides, forts, sages ou fous, structurent notre quotidien. Le thème même du lien est complexe à considérer parce qu’il n’appartient qu’à ceux qui le tissent et le font vivre. Le commentaire sociologique du lien est donc forcément extérieur, ce qui le rend d’autant plus aléatoire.

Créer du lien requiert une somme d’effort, d’énergie, de disponibilité, d’enthousiasme et de bienveillance considérable si l’on veut le faire vivre avec bonheur. Cela semble accessible quand on est jeune et que l’on construit sa vie, plein d’espoir. L’âge adulte est déjà la somme de liens installés, confortés, structurants, déstabilisants aussi, qui colorent le présent de satisfactions et de doutes.

Ce sont sans doute ces liens les plus forts, indestructibles, indiscutables, qui se pérennisent dans la vieillesse, à un âge où le fait d’initier des relations demande tout autant d’effort qu’au premier jour mais où les forces peuvent venir à manquer et où le "retour sur investissement" est moins facile à évaluer ! Outre sa fonction sociale, le lien a une fonction vitale : il sert à communiquer et à exister dans le regard de l’autre (conjoint, enfants, parents, amis, voisins, soignants, etc.). Si l’autre ne nous regarde pas, nous n’existons pas.

Les études et écrits ont tendance à stigmatiser les liens plutôt hors normes pour en décrire les conséquences sur l’individu ou le groupe social (L’enfant sauvage, Jules et Jim, Cosette, etc.). Plus récemment, le film du Québécois Denys Arcand "Les invasions barbares" illustre la force du lien qui unit un groupe d’amis rassemblés autour d’un des leurs qui va mourir et qu’ils accompagnent.

C’est tout ce que l’on a capitalisé au long de sa vie, de force et de réussite, de tendresse ou de douleurs, … de temps bien sûr, qui nourrit notre vieillesse. Et ce sont les liens les plus précieux, ceux que l’on garde au fond de notre coeur, qui donnent du sens, encore, à la vie...


Hélène Albert,
Secrétaire générale de l’Uniorpa
(Union nationale des instances de coordination, offices et réseaux de personnes âgées).
 
 

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