1. Le frère Hugues Minguet est moine bénédictin. Fondateur du Centre Entreprises de Ganagobie et de l’institut Sens et Croissance, il en pilote l’unité de recherche. Animateur du séminaire Ethique et Performance du MBA d’HEC,
le frère Hugues Minguet intervient régulièrement lors de rencontres sur le service,
le management et l’éthique. Il est expert des groupes APM et co-auteur du best seller L’éthique et le chaos (Presses de la Renaissance).


L’accueil en résidence,
un état d’esprit
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  Monastère Notre Dame de Ganagobie
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AUTRE REGARD
Monastère Notre Dame de Ganagobie
Accueillir tout homme, chaque homme et tout l’homme.


Le monastère bénédictin Notre Dame de Ganagobie, situé dans les Alpes de Haute-Provence, accueille des personnes, croyantes et non croyantes, issues d’horizons très divers, désireuses de prendre un temps de recul, de silence, et de prière pour une durée de deux à sept jours. Comme l’explique le frère Hugues Minguet (1), «les moines de Ganagobie s’efforcent d’offrir à chacun un accueil sur mesure, d’accueillir chaque personne là où elle en est de son histoire». Interrogé sur les secrets d’un accueil réussi, il insiste sur trois attitudes, trois dispositions, facilitant la rencontre entre l’accueillant et l’accueilli. «Nous évitons les règles le plus possible afin que le nouvel arrivant n’ait pas à se “resserrer” pour entrer chez nous. Au contraire, nous allons vers lui. Bien entendu, la règle est nécessaire à la vie en communauté, le respect de l’heure des repas par exemple. Mais si la personne souhaite manger seule, elle n’est soumise qu’à une règle minimale. Dans tous les cas, le frère hôtelier cherche à structurer la règle, à être porteur de sens pour s’adapter à des terrains divers et se tourner totalement vers l’autre.»
Le frère Hugues Minguet insiste également sur l’attention à porter aux petites choses et, par là même, sur l’importance des personnes dévolues aux tâches humbles. «Les personnes qui assurent ces tâches sont souvent les plus importantes : ce sont elles qui ont le contact avec le client. Il se passe des choses lorsque vous réalisez des tâches humbles, les gens peuvent venir vers vous, vous ne leur faites plus peur. Ne méprisons pas ce que ces personnes nous apportent.» Enfin, «chacun doit avoir la culture de l’ensemble. Et pour cela, rien ne vaut le travail en réseau qui permet au petit de faire l’accueil du plus grand.»

Un métier d’accordement

Le frère Hugues Minguet définit l’accueil comme un métier “d’accordement” : il s’agit de s’accorder à l’autre pour être dans la justesse de la relation. Et il distingue les qualités du portier de celles de l’hôtelier. Le premier sera dans la sagesse de l’amour : «si vous êtes fermé au niveau du coeur, ça ne marche pas !» ; il ne doit pas être agité pour pouvoir être là pour l’autre, doit savoir donner une réponse, et surtout être disponible tout de suite : «quand la personne arrive, on est là pour l’accueillir». L’hôtelier, lui, est un bon administrateur mais c’est aussi un humaniste, «préoccupé de l’homme dans son ensemble : l’accueil du corps auquel il répond par le confort ; l’accueil de l’esprit auquel il offre lecture et communication ; l’accueil de l’âme grâce à une évaluation juste de la demande de la personne (partage du repas, prière, solitude…). Accueillir tout homme, chaque homme et tout l'homme, voici l'idéal de l'accueil monastique Cet idéal devrait inspirer tout accueil véritable».
«C’est une chance d’accueillir les autres, conclut le frère bénédictin à l’attention de ceux dont l’accueil est le métier. Vous contribuez à la circulation des personnes, des idées et vous participez à une oeuvre de culture, de civilisation. » Et de recommander : «Ne soyez pas des fonctionnaires, ne déshumanisez pas votre accueil avec des standards, une culture répétitive».
 
 

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