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TEMOIGNAGE
de Marc-André Valantin
La
maison de retraite Un lieu à investir pour les familles.
LA MÈRE DE MARC-ANDRÉ VALANTIN s'est
éteinte il y a bientôt quatre ans à la résidence
Hotelia de Lyon où elle était entrée en 1993.
Aujourd'hui, non seulement son fils n'a pas rompu les liens avec l'établissement,
mais il y anime une fois par mois un groupe de lecture biblique. Une
exception ? Peut-être. En tout cas, un formidable exemple d'accueil
réussi.
Marc-André Valantin ne s'étend pas sur le passé,
sauf pour dire la qualité de l'accueil dont sa mère
et lui ont bénéficié à leur arrivée
dans la résidence, l'année même de l'ouverture
de l'établissement. Il parle surtout au présent et au
futur : «Une animatrice m'a dit un jour que les résidents
étaient friands des revues de presse. Je me suis inspiré
de la formule en choisissant de passer en revue, au fil d'extraits
choisis, l'histoire des grands patriarches de la Bible comme Abraham,
Moïse, Joseph. Je vais bientôt aborder David.» Sur
le vécu et la place des familles de résidents, Marc-André
Valantin a bien des choses à transmettre : «Le bien-être
du futur pensionnaire dépend pour une large part du bien-être
de ses proches. L'accueil des familles est donc essentiel. Surtout
au moment de l'arrivée, pour accompagner et dédramatiser
la culpabilité et la tristesse des proches, taraudés
par le sentiment d'abandonner leur parent.» Pour cet homme de
coeur et de réflexion, l'accueil ne s'arrête pas à
la phase d'installation. «Le deuxième enjeu de l'accueil
consiste à inscrire la personne dans un projet de vie. Cela
suppose de la part de la direction et du personnel à la fois
de la solidité et de la présence. De l'écoute
et de l'ouverture d'esprit, aussi, afin de prendre en compte aussi
bien les détails matériels qui jalonnent le quotidien
du résident que les sentiments qu'il éprouve, y compris
les sentiments amoureux, thème encore trop tabou en maison
de retraite.» Troisième aspect essentiel pour Marc-André
Valantin, la fin de vie et la préparation au deuil. «Il
ne faut pas éluder la question de la mort. Ni pour les familles
qui ont besoin, à un moment ou un autre, de pouvoir en parler,
ni pour le personnel que le décès d'un résident
éprouve toujours.»
Transparence, échanges mutuels, accompagnement : ces termes
émaillent les propos de Marc-André Valantin. Membre
du Conseil de la vie sociale de la résidence Hotelia du vivant
de sa mère, il souligne l'intérêt pour les familles
de s'investir dans cette instance : «C'est une manière
privilégiée de prendre connaissance du projet d'établissement
mais également de faire remonter vers la direction les remarques
et critiques qui reviennent le plus souvent. En ce sens, c'est un
lieu régulateur de tensions.» Des projets ? «Continuer
d'avancer et de cheminer avec les équipes et les résidents
de létablissement. En échange de tout ce qu'ils
m'apportent, les faire bénéficier, à mon tour,
de ma réflexion et de mon expérience». |
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