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PERSPECTIVES
Placement
temporaire : bonne ou mauvaise solution ?
L'hébergement temporaire prend tout son sens
lorsqu'il s'inscrit dans une démarche concertée et adaptée.
Lorsque le résident, sa famille et les professionnels ont clairement
défini le statut et les limites de ce type d'accueil, lorsque
le devenir de la personne âgée à sa sortie a été
anticipé, les conditions sont réunies pour que tout
se passe bien. A contrario, quand l'hébergement temporaire
n'est qu'une solution de remplacement illusoire, voire une fausse
solution, il débouche le plus souvent sur une impasse.
Les directeurs de maison de retraite se voient ainsi souvent confrontés
à des demandes d'hébergement d'urgence. Ils voient arriver
en catastrophe des personnes qui ne peuvent plus rester chez elles
ou qu'un service hospitalier ne peut plus garder. Prises au dépourvu
et dans l'attente de trouver une autre solution, les familles demandent
à l'établissement un placement de dépannage.
Ces placements de crise ne permettent pas d'accueillir sereinement
la personne âgée et ses proches. Les difficultés
se majorent dans les cas de personnes extrêmement désorientées
ou atteintes de démence. Ne sachant comment faire face dans
l'immédiat, les familles demandent de les accueillir temporairement,
comme si la maison de retraite pouvait répondre à toutes
les situations. Autre cas de figure difficile : les placements temporaires
déguisés. Au cours de sa longue expérience de
consultant et formateur dans les services de gériatrie et les
établissements pour personnes âgées, Thierry Darnaud
a plus d'une fois été confronté à des
situations de placements non-dits : «Il est fréquent
de voir des personnes âgées placées en maison
de retraite pour que leurs enfants puissent partir en vacances. Or,
certains de ces placements se prolongent indéfiniment. D'excellentes
raisons, fournies par la famille, justifient les prolongations qui
se succèdent les unes aux autres jusqu'au moment où
la sortie n'est plus envisageable. Ce jour-là, les professionnels
sont désignés comme étant les responsables, par
la famille, de tout ce qui ne va pas».
Il arrive également que la famille, animée de bonnes
intentions, présente à son parent le placement en maison
de retraite comme un séjour temporaire dans une maison de repos
ou de convalescence. «Le résident, qui se rend compte
assez vite de la réalité, se trouve alors placé
dans une situation contradictoire, autrement dit de double lien»
commente Thierry Darnaud. Pour éviter cet écueil, il
préconise, en cas de placement provisoire, d'obliger la sortie
au terme prévu, quitte à faire une réadmission
dans le cadre d'un placement définitif. |
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